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May 4, 2020

Comment les salariés vivent cette expérience du télétravail ?

Depuis plusieurs semaines, les entreprises ont dû revoir leur mode de fonctionnement à la hâte et se mettre en marche pour un télétravail imposé du jour au lendemain. Selon le service statistiques du ministère du travail, cela concerne 25% des salariés français. Pour comparaison, le chiffre était de 3% en 2017 selon la même source. Et bien que la date du 11 mai soit proche, le télétravail devrait se maintenir dans les semaines à venir pour la majorité, ou est en tout cas encouragé à l’être. 

Après les 4 premières semaines de confinement, nous avons donc mené une étude qualitative à distance via notre outil auprès d’employés pratiquant le télétravail. Comment se passent leur journée ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Voici les principaux enseignements.

1.Comment sont organisées les journées ?

L’organisation comme mot d’ordre ? Pas pour tous !

Effectivement, certains adoptent finalement le même rythme qu’au bureau et ont décidé de mettre en place un planning bien défini afin de cadrer leur journée. On retrouve ainsi des plages horaires attribuées à des tâches précises, pour répartir les activités professionnelles et personnelles, mais aussi pour organiser le temps de travail lui-même, avec des temps dédiés par exemple aux réunions ou échanges avec les collègues, ceux pour les mails et ceux pour avancer sur les projets.

“La journée s'articule de la même manière qu'avant le confinement. Celle-ci démarre avec la lecture des mails et de ce qui s'est passé dans la nuit. Puis première réunion avec l'équipe sur les projets en cours et avancée en autonomie.” 

Au contraire, d’autres préfèrent profiter de la flexibilité qui s’offre à eux et organiser leur journée selon leur rythme.

“J’ai bien aimé la gestion individuelle du temps je ne suis pas obligé de commencer le travail à 8h30 tout en gardant le même rythme de productivité.”  
"Je n'ai plus de contrainte horaire du moment que le travail est fait tout va bien.”

Quel impact sur l’équilibre vie privée et vie professionnelle ?

C’est sans surprise le point le plus difficile à gérer. Évidemment, cela est surtout vrai pour les personnes avec enfants. On imagine facilement les enfants qui surgissent lors d’une visio avec un client ou quelques cris en arrière plan, auxquels viennent s’ajouter la gestion des cours et des devoirs. Un casse tête pas toujours évident auquel il faut s’adapter :

Verbatim d'un utilisateur : il faut consacrer du temps pour les enfants

Mais cela peut aussi concerner, de manière plus anecdotique, les couples sans enfant :

“Il est difficile de se concentrer réellement dans le travail avec son compagnon. La paresse finit par prendre le dessus”

En revanche, s’il est difficile de ne pas laisser la vie personnelle perturber son travail, la problématique inverse se présente aussi pour la majorité des personnes interrogées. Ne pas laisser le travail empiéter sur sa vie de famille est aussi un enjeu : le téléphone qui sonne pendant un moment avec ses enfants, ou bien la difficulté de bien marquer la fin de la journée.

“j’essaie de ne pas trop déborder au niveau de mon temps de travail pour prendre le relais et pour être disponible et passer aussi du temps avec eux”

Car si on peut penser que la flexibilité dont certains profitent rime avec travailler moins, ce n’est pas le cas pour tous et les journées ont tendance à s’allonger. Cela s’explique principalement par la difficulté de couper tout en restant dans le même environnement ou bien pour compenser une productivité moindre sur les horaires standards.

“ Je termine mes journées aux alentours de 19h30 alors que lorsque je suis au travail je termine à 17h. Ceci est dû au fait que j'ai du mal à laisser en suspens un dossier.”

“ j'ai donc mis en place des moments ou je ne travaille pas pour m'occuper des mes enfants et les accompagner dans leurs devoirs par exemple. Du coup les journée de travail se terminent plus tard (entre 22h30 et Minuit)”

Un temps d'adaptation nécessaire

Lorsque l’on demande aux personnes interrogées ce qui s’est amélioré durant ces 4 premières semaines de confinement, l’organisation arrive largement en tête. La phase de changement passée, celle d’adaptation se met en place et la majorité parviennent à retrouver un rythme de travail. 


 

verbatim : une meilleure organisation de travail
verbatim : l'adaptation au télétravail est validée





2. Une logistique à mettre en place

Le manque de confort


Il n’est en effet pas facile de s’aménager un espace de travail confortable à domicile et cela apparaît comme une des principales difficultés. Si environ la moitié des personnes interrogées peuvent jouir d’une pièce dédiée, l’autre moitié investit le salon ou encore la chambre, ce qui contribue notamment à la difficulté de couper vie professionnelle et personnelle.

image de la table de salon transformée en bureau
verbatim : pas d'espace dédié à la maison


Certains doivent même faire preuve de créativité pour se trouver un espace.

“Je me sers de mon meuble télé pour travailler durant cette période de confinement. Je prend juste une chaise sur laquelle je m'assois quand je veux travailler.”

Pour l’anecdote, j’écris personnellement cet article depuis la commode de ma chambre ;)

Enfin, si le manque d’espace est ce qui ressort en premier, les conséquences sur le corps et la santé sont aussi mentionnés.

“La table n’est pas le même niveau que celle au travail alors j’ai eu un mal au dos, je me lève de temps en temps et je fais quelque mouvement pour me soulager.” “L'espace exigu également pose problème et enfin l'absence d'aération.”

Le manque d'équipement

En mineur, en fonction de la profession, certaines personnes se retrouvent aussi privées d’une partie de leurs outils de travail, notamment l’accès à des dossiers, la difficulté pour envoyer des documents papiers, ou même les imprimer.

“Plusieurs de nos activités ne sont pas réalisables telles quelles en télétravail. Il nous faut soit trouver une solution alternative ou bien les reporter à la fin du confinement. Nous perdons en efficacité.”

De même, les outils de communication étaient nouveaux pour certains, il a donc fallu apprendre à les utiliser et à s’y familiariser. Là encore, il s’agit avant tout d’un temps d’adaptation.

verbatim : les réunions sont mieux organisées et ritualisées

3. Finalement, télétravail validé ou non ?

De nouvelles habitudes appréciables

Que ce soit pour l’organisation, ou pour la prise en main de nouveaux outils, un temps d’adaptation est donc nécessaire pour ce nouveau mode de travail. Et de nouvelles habitudes prennent leur place, pour le plaisir des employés.

Comme dit à l’instant, une fois familiarisé avec les outils de réunion en ligne, ces derniers tirent leur épingle du jeu et séduisent certains.

“Le point positif de ce confinement est l'appropriation des outils d'audio/visioconférence dont nous disposions avant le confinement, mais nous ne les utilisons jamais, car nous faisions exclusivement des réunions avec les personnes présentes physiquement.”

Les bénéfices qui ressortent sont principalement :

  • Le gain de temps avec la suppression des trajets. Ce qui permet à la fois d’avoir plus de temps pour soi, mais aussi plus de temps pour travailler.

“Qui dit télétravail dit trajet en moins et cela permet de gagner beaucoup de temps et de fait de se détendre.”
“L'absence de temps de trajet permet d'être moins fatigué et ainsi gagner en productivité.”
  • La flexibilité offerte par le fait de pouvoir organiser ses journées à son rythme

verbatim : la sensation d'être maitre de son temps est top
  • La possibilité de pouvoir passer plus de temps en famille, le cas inverse étant souvent source de frustration et donc de stress

verbatim : j'apprécie de passer beaucoup de temps en famille
  • Et la conséquence de ces 3 points : une baisse du niveau de stress

“Ce qui se passe mieux qu'au début c'est que je ressens moins de pression et je me sens moins contrôlée , moins stressée.”

Mais des manques qui restent à combler

Malgré les bénéfices dûs à la situation, certains aspects restent compliqués.

C’est surtout le cas de la communication entre collègues. Si les échanges à but purement professionnel se passent bien dans l’ensemble et sont devenus rapidement assez fluides (notamment grâce à l’adoption des outils de visio), les échanges informels sont eux souvent absents et représentent un réel manque. Cela contribue au sentiment de solitude créé par le confinement de manière plus générale, et ne permet plus de soupape de décompression comme cela peut être le cas au bureau.  

“Par contre, en télétravail, il n'y a plus véritablement de discussions ne concernant pas le travail, comme il peut y en avoir lors de pauses café par exemple. Cela me manque un peu de ne plus avoir ces moments où on discute de tout et de rien.”
“C'est plus gérable au bureau Parce-qu'on n'est pas seul à être sous pression. Mais travailler seule, enfermé c'est pénible.”

Enfin, les autres victimes du télétravail en confinement sont la concentration et la motivation. En effet, plusieurs personnes interrogées soulignent qu’il est plus difficile de rester motivé en travaillant seul. 

“Je n'ai plus ces moments de discussion et de pause qui permettent de se remotiver, de "se rebooster"

Ce à quoi viennent s’ajouter les distractions du quotidien, comme la famille, mais aussi les activités personnelles qui sont plus tentantes.

“on a davantage accès au choses personnelles liées à notre loisir (télé, livre, cuisine ...) qui ne nous incite pas forcément à nous mettre au travail, du moins plus difficilement.”


En conclusion, on peut se demander si tout cela restera une parenthèse ou modifiera vraiment les façons de travailler ? On peut en tout cas en tirer la conclusion que la préférence sur telle ou telle manière de travailler, et la façon dont l’employé va être productif, est finalement propre à chacun. Est-ce que laisser davantage le choix aux employés ne serait pas la solution pour une meilleure productivité ? Cet avis est sûrement biaisé puisque cela a toujours été notre façon de travailler chez Ferpection :)


*Étude qualitative menée auprès de 17 personnes, hommes et femmes, de 28 à 46 ans, du 13 au 23 avril.

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Anais Valentin

Anais Valentin

Anais est Marketing manager et s'appuie sur son expérience d'UX Researcher pour mettre en valeur l'expertise de Ferpection
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