November 8, 2016

Ce que nous avons appris de la Silicon Valley sur le développement produit

Afin d’améliorer Ferpection de manière continue, nous interrogeons régulièrement nos clients, prospects et partenaires. Les sujets portent sur la manière dont ils développent leurs sites, applications mobiles, ce qu’ils apprennent de leurs utilisateurs et leur utilisation de notre plateforme.  Ces échanges nous permettent d'améliorer l'apport de nos tests utilisateurs dans le développement de leur produits.


Cet été, nous avons décidé d’en faire de même avec les entreprises les plus en avance sur notre marché à savoir les géants et start-ups en croissance de la Silicon Valley. Nous avons donc rencontré pendant une semaine des collaborateurs dans les équipes d’Android, de Google User Research, Coursera et de la Silicon Valley Bank. Voici ce que nous avons appris.


L’ouverture et le partage comme culture

La première bonne surprise lors de notre visite ? La disponibilité des personnes contactées : elles ont toutes répondues positivement à notre proposition de rencontre. Une excellente illustration de la culture qui règne dans les différentes entreprises approchées.


L’ouverture, moteur de la connaissance

S’il est parfois compliqué d’accéder à certains campus (Google ou Facebook par exemple) pour des raisons de confidentialité, les entreprises de la Silicon Valley prônent une culture d’ouverture et de partage au sein de leurs équipes et à l’extérieur. Les employés sont encouragés à rencontrer des personnes à l’extérieur, aller parler à des conférences et voyager dans les différents marchés afin d’enrichir leurs connaissances et de partager la culture de leur entreprise avec le plus grand nombre.


Cette mentalité s’enracine dans la culture universitaire et technologique des entreprises qui recherchent avant tout l’innovation technologique.


Le partage interne, fédérateur de la vision

Le partage permet aux informations de circuler plus rapidement et donc de prendre des décisions sur une base commune dans les différentes équipes (tech, design, product management) en charge du développement d’un site ou d’une application mobile. Les acteurs de la Silicon Valley l’ont compris très tôt et ont donc une culture avec très peu de hiérarchie et des informations disponibles au plus grand nombre.


Chez Coursera les développeurs sont intégrés très tôt dans le développement d’une nouvelle fonctionnalité pour deux raisons :

  • cela permet de les aligner sur l’ambition et d’avoir des développeurs motivés pour leur nouveau projet.

  • ils peuvent émettre leurs points de vue et faire part de certaines contraintes techniques qui n’auraient pas été identifiées.

Ils travaillent main dans la main avec les autres équipes, avec les mêmes informations, dès le début d’un nouveau projet.

“Nous savons très tôt qu’elles sont les prochaines fonctionnalités qui doivent être construites ce qui permet d’identifier les potentiels contraintes et d’accélérer la phase de développement” 
Ben Ries - Software Engineer chez Coursera
Grégoire Devoucoux - Ferpection, et Ben Ries - Coursera


L’utilisateur au centre des préoccupations


La technologie et les utilisateurs avant tout

Les sociétés de la Silicon Valley sont historiquement tournées vers le développement technologique qu’elles allient aujourd’hui aux besoins utilisateurs. Ceci explique le fait qu’elles soient capables de construire la majorité des produits web utilisés à travers le monde. D’excellents ingénieurs ne suffisent pas, il faut aussi comprendre les besoins utilisateurs afin de capter de nouveaux marchés avant les autres.


Pour ces raisons, Google possède des équipes exclusivement dédiées à la recherche utilisateur afin de mener des travaux de recherche fondamentale et de recherche appliquée concernant les utilisateurs.


“Nous avons une culture qui met l’utilisateur au centre et analysons les données de nos utilisateurs partout dans le monde afin de construire des produits utilisés par plus d’un milliard d’utilisateurs” 
Tom Karlo - Lead Product Manager for Android chez Google

La recherche utilisateur au même titre que la recherche technologique


Des organisations comme Google ou Coursera à une échelle moindre construisent des produits destinés à une base d’utilisateurs extrêmement large et diverse. Google possède avec Android une part de marché de 87% sur le mobile, ce qui représente 1,7 milliards de personnes dans le monde. Ils se doivent donc de comprendre, analyser et tester leurs produits de manière continue afin de satisfaire tous leurs utilisateurs.

Afin de répondre à ce challenge, l’équipe Google Research dont Astrid Weber fait partie, mène par exemple des études de recherche appliquée sur les situations dans lesquels une personne se retrouve handicapée (à vélo, avec un objet dans les mains, pendant une intempérie) lors de l’utilisation de son mobile. Ces études sont couplées à des données quantitatives ainsi que des tests utilisateurs pour récolter des données qualitatives. Les données analysées dépendent donc du contexte et permettent d’améliorer le développement de nouvelles fonctionnalités comme par exemple le “voice over” sur Google Maps.

“Les données auxquelles nous allons nous intéresser dépendent du problème que nous souhaitons résoudre” 

Astrid Weber - Senior UX Research Lead Accessibility chez Google


Comprendre les utilisateurs de demain


Enfin, si la technologie évolue vite, l’émergence de nouveaux marchés et les besoins des utilisateurs changent aussi très rapidement. Pour cette raison, les équipes d’Android analysent les données de leurs utilisateurs partout dans le monde. Ce qui leur permet d’identifier les différences d’usage entre les marchés développés et les marchés émergents.


“Nous voyons que dans les pays émergents, les personnes tiennent plus à ce qu’il y a dans leurs appareils mobiles et ce qu’elles peuvent faire avec car cela représente un achat plus onéreux en comparaison de leurs revenus”

Tom Karlo - Android Lead Product Manager chez Google

Par ailleurs, chez Coursera, tous les cours sont testés par des utilisateurs avant d’être mis en ligne et les utilisateurs sont interrogés partout à travers le monde pour comprendre comment améliorer la qualité. Ce système est couplé à des tests utilisateurs et des données récoltées en continue grâce à une base de bêta-testeurs. Celles-ci sont communiquées à tout le monde à travers l’entreprise afin d’enrichir la connaissance utilisateur.


“Nous avons une plateforme sur laquelle nous pouvons accéder à tous les retours utilisateurs grâce au service client”
Ben Ries - Software Engineer chez Coursera

Les limites

Si les différentes organisations et l’état d’esprit de la Silicon Valley comportent de nombreux éléments qui nous inspirent et influencent, ils existent certaines limites au système :

  • La technologie et l’utilisateur prennent le pas sur le business. Il est important de trouver un équilibre entre ces trois éléments. Or, ils existent plus d’excellents produits que d’excellents business model car celui-ci passe souvent au second plan aux yeux des investisseurs qui privilégient la croissance avant la rentabilité.

  • Cette région a un pouvoir technologique unique car elle attire la majeure partie des talents dans l’ingénierie. Cependant, sa population est très peu représentative de la diversité des utilisateurs pour lesquels elles construisent des services. Ce qui met en danger sa capacité à comprendre les problèmes auxquels elle espère répondre. Les géants tels que Facebook ou Google l’ont bien compris et tentent de financer d’autres éco-systèmes en espérant voir des équivalents apparaître en Asie et en Afrique demain.


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En savoir plus sur les tests utilisateurs
Auteur
Gregoire Devoucoux du Buysson

Gregoire Devoucoux du Buysson

Gregoire est COO pour Ferpection. Arrivé au début de l'aventure, il connait la plupart des restaurants de Paris. Une qualité appréciée chez ses collègues.